Suzanne Jongmans transforme des matériaux industriels en costumes de la Renaissance

Depuis ses débuts, la photographie s’est inspirée de la peinture. Celles de la Renaissance ont eu un impact tout particulier sur les photographes (la « lumière Rembrandt » est encore aujourd’hui très utilisée).
L’artiste Suzanne Jongmans rend hommage à cette influence en modernisant ses portraits grâce à son utilisation de matériaux industriels lors de la confection de costumes. Son travail méticuleux force le spectateur à s’arrêter devant ses images, à les observer de près…

Pouvez-vous vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas ?

Je suis Suzanne Jongmans, une artiste vivant à Breda, Pays-Bas avec ma famille.

« J’ai découvert que je pouvais capturer la réalité et l’ajuster pour garder les aspects les plus positifs »

©Suzanne Jongmans – Mind over Matter – Patience / Courtesy Galerie Wilms

Comment votre passion pour la photographie a-t-elle commencé ? Comment vous êtes-vous lancé dans la photographie de portrait ?

J’ai découvert que je pouvais capturer la réalité et l’ajuster pour garder les aspects les plus positifs et l’encadrer. J’y ai été initié par des cours en prépa d’art.
Aussi, mon père a toujours aimé la photographie et les films.

©Suzanne Jongmans – Kindred Spirits – Transcendence / Courtesy Galerie Wilms

 » J’aime les visages de ces peintures, on dirait presque qu’ils sont dans un état méditatif. »

Votre série « Mind over Matter » est très fortement inspirée par les Grands Maîtres de la Peinture. D’où vous vient cet amour pour la peinture classique ?

Ma mère possédait plusieurs livres d’art que je regardais souvent.
Plus tard, un professeur de l’école d’art a montré de nombreux livres de Grands Maîtres. J’aime les visages de ces peintures, on dirait presque qu’ils sont dans un état méditatif.

« Mon travail s’inspire de ma propre vie […] »

©Suzanne Jongmans – Mind over Matter – Infinity I / Courtesy Galerie Wilms

Il y a un grand travail fait sur les costumes, que vous créez vous-même.
Comment vous est venue l’idée d’intégrer des matériaux industriels dans vos créations ?

Je conçois et réalise tout ce que vous voyez dans l’image finale. En ce qui concerne le temps de travail, cela dépend. Plusieurs semaines, parfois plusieurs mois.
Mon travail s’inspire de ma propre vie, il s’agit souvent d’humeurs.
L’inspiration naît ainsi, mais elle se traduit de différentes manières, à travers les matériaux, l’expression, le titre de l’œuvre.

« Je suis toujours à la recherche de modèles, de visages qui m’intriguent […] »

©Suzanne Jongmans – Kindred Spirits – Between reality and dreams / Courtesy Galerie Wilms

Comment construisez-vous une image ?

Dans un ordre variable :
Je trouve les matériaux, je commence à « construire » un costume sur un mannequin jusqu’à ce que quelque chose soit « là ».
Je suis toujours à la recherche de modèles, de visages qui m’intriguent, ce sont souvent des proches, des amis d’amis, de la famille. Mais aussi des gens que je rencontre ou que je vois dans la rue qui ont une apparence qui me parle.

« Je suis toujours en train de regarder dans les livres des Grands Maîtres de la Peinture jusqu’à ce qu’une image me vienne à l’esprit. « 

©Suzanne Jongmans – Mind over Matter – Gratitude / Courtesy Galerie Wilms

Je suis toujours en train de regarder dans les livres des Grands Maîtres de la Peinture jusqu’à ce qu’une image me vienne à l’esprit.
Je prends plusieurs centaines de photos du modèle, de chaque détail – cette approche a aussi un but – le modèle oublie presque que je suis là, c’est là qu’un moment magique peut arriver.

Puis je commence à assembler toutes les images sur mon ordinateur. De cette façon, toutes les parties sont aussi nettes que possible. Et tous les composants s’assemblent, toutes les parties se complètent.

« […]j’aime le fait que certains objets ou matériaux trouvés […] ont déjà eu une vie auparavant et racontent une histoire »

©Suzanne Jongmans – Kindred Spirits – Holding Space / Courtesy Galerie Wilms

Il y a un message sur l’écologie derrière ces portraits. Pensez-vous que l’art doit être engagé dans des causes ?

C’est peut-être ainsi que mon travail est reçu par les autres. Mais ce n’est pas comme ça que ça a commencé, je suis surtout une collectionneuse de matériaux.

Et j’aime le fait que certains objets ou matériaux trouvés (il peut s’agir de plastique, de mousse, de vieilles couvertures, de couvertures de laine, de choses de la nature) ont déjà eu une vie auparavant et racontent une histoire, je prends ces matériaux et les ajoute à ma propre histoire. Cela crée automatiquement un lien temporel, ou peut-être mieux dit, un dialogue dans le temps.

« Amusez-vous et souciez-vous de ce que vous faites. »

©Suzanne Jongmans – Owen de dialoog / Courtesy Galerie Wilms

Je ne suis pas activiste, mais je soutiens ceux qui recyclent ! Je pense que c’est la chose la plus importante pour avancer dans la vie avec amour et ne pas être un activiste dans quoi que ce soit.

Ne forcez pas, travaillez avec ce que vous avez et recherchez les aspects positifs (la façon dont les choses sont perçues du point de vue de l’esprit plutôt que de la matière).

Quel conseil donneriez-vous à un jeune photographe qui veut se lancer dans la photographie de portrait ?

Amusez-vous et souciez-vous de ce que vous faites.

©Suzanne Jongmans – Kindred Spirits – Confronting love / Courtesy Galerie Wilms

Avez-vous des projets à venir dont vous pouvez nous parler ?

Je travaille sur ma série actuelle, sur les âmes sœurs. Il y aura une collaboration avec l’auteur-compositeur Mercury Carter, une pochette pour son prochain album, une exposition individuelle à la Wilms Gallery, des foires artistiques, Kunstrai, PAN .
La réalisation d’un nouveau livre, sur mon art.