La vision minimaliste d’Alexandre Souêtre

Les images d’Alexandre Souêtre peuvent s’apparenter à une respiration, un moment de silence dans un brouhaha permanent. Son univers épuré, aux tons crémeux révèle une complexité et une intelligence dont il ne semble pas avoir conscience. Nous lui avons posé des questions sur ses inspirations, sa manière de construire ses images, et bien d’autres choses…

Salut Alexandre, tu peux te présenter succinctement ?

Alexandre Souêtre, je suis directeur créatif, basé à Los Angeles.

« Il faudra plus de 10ans avant que je re-découvre la photographie. »

Quel est ton premier souvenir lié à la photographie ?

Mes premières photos étaient prises avec un argentique, quand j’avais 12 ans.
L’appareil a disparu avec ma passion peu de temps après. Il faudra plus de 10ans avant que je re-découvre la photographie.

©Alexandre Souêtre

Tu touches à différents types de photographies, mais ton style reste néanmoins très affirmé. Quel a été le cheminement pour trouver ton identité visuelle ?

Je n’y réfléchi pas trop et d’ailleurs je pense que ça se voit, étant donné que je passe par des styles différents.

« Je continue de prendre des photo comme si j’avais 12 ans. »

Ne m’étant jamais vraiment considéré comme photographe et ayant appris seul me permet de garder une attitude plus spontanée et détachée par rapport à la photographie.
Je cultive donc se manque de savoir faire et préparation. Je continue de prendre des photo comme si j’avais 12 ans.

©Alexandre Souêtre

Ta grande force (selon moi) est ton intelligence dans la composition de tes images. Comment construis-tu une images ? Y a t-il toujours de la préparation, ou est-ce plus souvent spontané ?

C’est un compliment qui me fait très plaisir; car une forme d’intelligence artistique permet de créer de façon subtile, et c’est probablement mon seul objectif quand je tiens un appareil photo.

« […] je cultive une rapidité dans l’attention accordée aux détails […]

La majorité de mon travail est complètement spontané. Mais pour moi, le travail dans une composition détaillée et pensée se fait au moment de la photo, pas avant. Alors je cultive une rapidité dans l’attention accordée aux détails quand je fais face à un sujet ou une scène.

©Alexandre Souêtre

Quelles sont tes inspirations ?

Les choses, les gens et leur problèmes. L’incertitude masculine, la force feminine, le désordre en société. Tout ce qui se trouve face à moi mais qui ne se capture pas. J’essaye de trouver une façon de le traduire visuellement, sans trop essayer de raconter un histoire claire et simple.

« […] je vise le juste milieu entre les émotions fortes […] »

Que souhaites-tu transmettre à travers tes images ?

Une douceur, une curiosité. Peut être un peu de mélancolie. Mais surtout je vise le juste milieu entre les émotions fortes : cette partie incertaine qui flotte entre triste et heureux, beau et moche, bon et mauvais, homme et femme.

« […] n’écoute jamais […] une ou un photographe qui te donne des conseils. »

©Alexandre Souêtre

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à un photographe débutant ?

Vas, prends plein de photos, et n’écoute jamais (ou de façon très selective) une ou un photographe qui te donne des conseils.

©Alexandre Souêtre

Tu as des projets en cours dont tu peux nous parler ?

Je tiens une agence qui grandit doucement. Je continue de faire évoluer ma marque de skate.
Je compte me remettre un peu à la video avec quelques projets en 2019/2020.

« […] je dessine tellement que je finirai bien aussi par faire une BD, ce qui est un rêve d’enfance. »

Je travaille en ce moment sur un bouquin photo (mon premier et probablement dernier), ainsi qu’une oeuvre littéraire, avec un ton plutôt philosophique. Et je dessine tellement que je finirai bien aussi par faire une BD, ce qui est un rêve d’enfance.

Découvrez le travail d’Alexandre en visitant son site, et suivez le sur Instagram.